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À PROPOS

L'outil s'adapte,
pas l'inverse

Établir d’abord, avec les intervenants, quelle information doit circuler, entre qui, à quel moment et sous quelle forme. Chacun conserve ses logiciels et ses méthodes de travail : ce qui est cadré, c’est l’échange, par une convention et des formats ouverts que tous peuvent lire. Les équipes n’ont pas à changer d’outils pour participer, et l’information reste exploitable pendant le projet comme après la livraison.

hémérothèque \e.me.ʁɔ.tɛk\ féminin

(1900) Du grec ancien ἡμέρα, hêmêra (« jour »), ici au sens de « journal » et θήκη, thêkê (« boite, thèque »).

Une hémérothèque conserve des périodiques classés, de façon que chaque numéro puisse être retrouvé et consulté. Appliquer ce principe à l'information des projets de construction et d'aménagement, c'est la conserver, la classer, relier ce qui doit l'être, et faire en sorte qu'on la retrouve, pendant le projet comme des années après sa livraison.

Ce que vise la gestion de l’information

Qu’il s’agisse de construire, de rénover ou d’aménager, un projet produit une grande quantité d’information, répartie entre des intervenants, des logiciels et des formats qui ne se parlent pas. Une fois le projet livré, elle devient difficile à retrouver et à relier : le dossier remis à l’exploitant est un ensemble de fichiers, pas un dossier que l’on peut interroger

La gestion de l’information consiste à la rendre exploitable. Elle passe par la sémantisation : donner du sens à l’information en décrivant chaque élément du projet (un équipement, un mur, un espace) et en le reliant aux autres éléments et aux documents qui le concernent, plans, fiches techniques, décisions, interventions. L’information cesse d’être un fichier parmi d’autres, elle devient un réseau de relations que l’on parcourt et que l’on interroge.

L’aboutissement est le DOE numérique : un dossier des ouvrages exécutés interrogeable, en formats ouverts, reproductible d’un projet à l’autre. L’harmonisation, la modélisation et la synthèse en sont les étapes. Retrouver un équipement, sa garantie ou ses interventions devient une recherche plutôt qu’une enquête.

Comment ?

Les documents existants, les outils et les échanges réels sont recueillis. Résultat : une cartographie des flux d’information et des points de friction.

Les cas d’usage prioritaires sont identifiés. Pour chacun : quelle information, à quel niveau de détail, produite par qui, pour qui, à quelle échéance. Résultat : un tableau des besoins d’information.

La convention d’échange est établie, avec des tables de correspondance entre les nomenclatures de chaque métier et des formats d’échange ouverts. Résultat : un cadre commun que chaque intervenant peut appliquer.

Chaque élément du projet reçoit un identifiant, ses propriétés et les codes de chaque métier. Résultat : un modèle et une base d’information structurés.

Les éléments sont reliés entre eux et aux documents qui les concernent : fiches techniques, plans, décisions. C’est la sémantisation. Résultat : une information en réseau, que l’on peut interroger.

Des règles vérifient la complétude et la cohérence, et repèrent les conflits entre disciplines. Les écarts sont signalés puis arbitrés. Résultat : des rapports de contrôle.

L’information est mise à disposition sous forme d’un dossier interrogeable, en formats ouverts, avec les outils développés pour le projet si nécessaire. Résultat : le DOE numérique.

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